Ukraine

A propos de la langue Ukrainienne

La question linguistique en Ukraine n'est présentée comme une source de conflit que dans des buts politiques.

Le problème de la langue n'existe pas, il est construit pour faire apparaître des divisions qui n'existent pas.

OUI, l'ukrainien et le russe sont deux langues bien différentes, etmutuellement INintelligibles

  • d'un point de vue lexical, l'italien est plus proche du français que l'ukrainien du russe (voir schéma ci-dessous)
  • un Russe ou un Polonais n'ayant pas pratiqué l'ukrainien ne comprendra pas grand chose, pas plus qu'un Français ne comprendra de l'italien ou un Allemand du norvégien
  • les déclarations hasardeuses affirmant que l'ukrainien est un mélange de polonais est de russe, ou encore un dialecte russe, sont totalement fausses, tant d'un point de vue historique que linguistique
  • l'alphabet ukrainien est de type cyrillique, comme celui des langues d'autres peuples orthodoxes – les langues slaves de peuples majoritairement catholiques ont elles été adaptées à l'alphabet latin, le latin étant la langue du Vatican.

NON, il n'y a pas d'ukrainophones et de russophones à proprement parler en Ukraine : l'écrasante majorité des Ukrainiens comprennent les deux langues, l'essentiel sont BILINGUES, et une minorité choisit de ne s'exprimer que dans une des deux langues, par HABITUDE ou FACILITÉ

  • en Ukraine centrale et méridionale, certains parlent plus le russe, d'autres plus l'ukrainien
  • en Ukraine de l'ouest, l'ukrainien est plus répandu, à l'est du pays, le russe est majoritaire
  • globalement, on parle les deux : ukrainien en classe, russe à la récré ; russe au travail, ukrainien à la maison ; russe avec un tel, ukrainien avec tel autre, etc.
  • le bilinguisme est la norme : on n'est jamais surpris quand la conversation passe d'une langue à l'autre

NON, les russophones ne sont pas tous des Russes d'origine : beaucoup d'Ukrainiens « d'origine » russe préfèrent s'exprimer en russe, tout comme beaucoup d'Ukrainiens « d'origine » ukrainienne ou autre 

  • en Crimée ou dans les villes de l'Ukraine orientale, où la part d'Ukrainiens d'origine russe est importante, la langue ukrainienne n'était ni enseignée à l'école, ni utilisée par une part importante de la population avant 1991
  • dans les villes du reste de l'Ukraine, l'ukrainien était largement minoritaire et considéré comme « rural » par les citadins, peu importe leur appartenance ethnique
  • l'indépendance et le retour progressif de l'ukrainien dans l'administration, les médias et dans une partie des cursus scolaires ont fait que l'ukrainien est compris et parlé dans toute l'Ukraine, par les Russes comme part les Ukrainiens, et plus rarement utilisé, mais néanmoins compris par tous en Crimée et dans l'extrême Est

NON, les russophones ne sont pas des « prorusses » : l'essentiel des Ukrainiens préférant s'exprimer en russe le font par habitude et facilité, sans associer langue et appartenances ethniques ou opinions politiques

comme l'ont montré les résultats des élections présidentielles et législatives de 2014, présentées par tous les observateurs comme tout à fait démocratiques, il y a bien plus d'électeurs parlant préférentiellement le russe qui ont voté pour des partis « pro-ukrainiens » que « pro-russes »

une ville comme Kyiv (translittération de l'ukrainien) / Kiev (translittération du russe), largement russophone, est considérée par la propagande russe comme peuplée d'anti-russophones !

NON, le statut de langue régionale du russe n'a pas été enlevé aux régions l'ayant choisie comme langue régionale

le pouvoir de Ianoukovytch, exploitant le faux-problème linguistique, a autorisé, par une loi mal conçue, les régions présentant plus de 10 % de locuteurs d'une langue, de faire de cette dernière une langue régionale

cette loi, bien qu'en principe en accord avec les usages de l'Union Européenne a, en fait, été jugée comme non conforme à la charte européenne des langues régionales : elle est imparfaite

cette loi a été maladroitement, ou à dessein, PROPOSEE à l'annulation, fondue dans un paquet de lois, dans la confusion législative de la transition politique de 2014, ce que beaucoup considèrent comme une provocation destinée à donner du grain à moudre au Kremlin

cette loi n'a JAMAIS été annulée par l'exécutif

 

NON, les « russophones » n'étaient pas menacés au moment de la crise de 2014 : cette idée est le résultat de la propagande du Kremlin

NON, le russe n'est pas menacé en Ukraine : il domine la presse et les médias et est utilisé quotidiennement par la majorité des Ukrainiens, aux quatre coins de l'Ukraine

OUI, l'ukrainien est menacé en Ukraine, c'est pourquoi elle est seul langue officielle à l'échelle nationale :

  • depuis plusieurs siècles, la langue ukrainienne a régulièrement et durement été réprimée par les différents pouvoirs ayant dominé les territoires peuplés d'ukrainiens
  • elle a survécu jusqu'au XXème siècle grâce aux paysans majoritairement illettrés qui parlaient ukrainien
  • suite à quelques années de promotion dans les années 20, au XXème siècle, le dénigrement linguistique, la propagande soviétique, la russification systématique et les terribles répressions furent si intenses que l'ukrainien fut réduit à une langue populaire et rurale non considérée
  • avec l'indépendance, l'ukrainien fut instauré comme seule langue d'État.

Le russe étant tellement dominant, que lui donner un statut de seconde langue nationale revenait à en faire, dans la pratique, la seule langue utilisée

  • avec cette discrimination positive, l'ukrainien a repris en 20 ans quelques couleurs
  • l'ukrainien reste minoritaire dans l'essentiel de l'Ukraine, boudé par la jeunesse, il s'étend peu à peu comme langue de l'enseignement et de l'administration
  • à partir de la fin des années 2000, l'ukrainien, enseigné à une nouvelle génération d'Ukrainiens, est de plus en plus parlé et l'ensemble des Ukrainiens deviennent bilingues, tandis que les films en russe sont sous-titrés en ukrainien à la télévision
  • il RESTE menacé sans cette discrimination positive : l'essentiel de la presse, des médias et des produits culturels en Ukraine ne sont qu'en russe
  • l'intérêt de conserver l'ukrainien comme seule langue officielle et d'en faire la promotion n'est PAS d'évincer la langue russe, mais de favoriser le développement du bilinguisme.

Comment la Russie mène une guerre "hybride" ou "non-linéaire" contre l'Ukraine

Propagande, dénégation, asymétrie, "convois humanitaires", guerre par procuration, terreur et provocations tout cela c'est une guerre hybride ou non-linéaire.

Zone de conflit ukraino-russe au 19 septembre 2014

Pourquoi la Russie a besoin de l'Ukraine

1. Dnipropetrovsk – les missiles balistiques intercontinentaux sont conçus et fabriqués à Dnipropetrovsk. 

2. Kharkiv – les systèmes de guidage pour les missiles stratégiques russes SS-25 et SS-19 sont conçus et fabriqués à Kharkiv. 

3. Zaporizhya – L’usine Motor Sich produit des moteurs pour les avions de transport, les hélicoptères militaires et des avions de combat russes. Sans la production de cette usine, la Russie aura beaucoup de difficultés à fabriquer assez de moteurs pour les besoins du pays. 

4. Tache verte – les régions contrôlées par les séparatistes. 

5. Mer d’Azov – tous les champs off-shore ukrainiens de gaz et de pétrole ont été pris par Gazprom-Russie. 

6. Crimée – la livraison de denrées alimentaires (qui étaient acheminées d’Ukraine continentale avant l’occupation) diminue. La Russie ne peut pas pourvoir à tous les besoins alimentaires de la Crimée à partir de son propre territoire, ni par voie aérienne ni par voie maritime. 

7. Mykolayiv – la Russie a besoin des engrenages fabriqués à Mykolayiv pour 60% de ses futurs navires de combat. 

8. Zhovti Vody fournit 20% de tout l’uranium naturel consommé par l’industrie nucléaire russe.

Combattre la (dés)information Russe

La menace de l'irréalité : lutte contre la désinformation russe au 21ème siècle

La guerre non conventionnelle de la Russie sur l'Ukraine est menée avec des armes militaires, par des moyens économiques et avec une campagne de désinformation sans précédent menée grâce à maintenant des forums en ligne, sur les ondes et les sites de médias à travers l'Europe. Grâce à la manipulation des faits et l'intégration des mensonges éhontés dans les récits traditionnels, le gouvernement russe cherche à influencer l'opinion publique et à façonner la politique occidentale. Dans cette conversation avec Anne Applebaum, le directeur du Forum des Transitions de l'Institut Legatum, des experts ont examiné pourquoi ces tactiques fonctionnent, comment elles pourraient saper la démocratie européenne et ce qui peut être fait à ce sujet. (en anglais).

 

Intervenants

Geoffrey Pyatt, Ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine

Oleksander Scherba, Chargée de mission, Ministère des Affaires Etrangères, Ukraine

Michael Weiss, Rédacteur en Chef, The Interpreter

Peter Pomerantsev, Journaliste et Producteur de documentaires

 

Voir tous les débats

La langue russe protégée

« L'Ukraine a satisfait à l'essentiel des conditions nécessaires pour protéger la langue Russe, langue d'une minorité nationale » - d'après le rapport des experts du comité de la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires du Conseil Européen (4 février 2014). L'infographie qui résume la place privilégiée de la langue russe en Ukraine.

Rappel du mémorandum de Budapest

Le mémorandum de Budapest est un accord, signé le 5 décembre 1994, par lequel l'Ukraine accepte de se défaire de l'énorme stock d'armes nucléaires dont elle a hérité à la dislocation de l'URSS et d'adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Les têtes nucléaires (1 900) sont envoyées en Russie pour démantèlement au cours des deux années suivantes.

En contrepartie, l'Ukraine obtient de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni, rejoints plus tard par la Chine et la France, des garanties pour sa sécurité, son indépendance et son intégrité territoriale.

Lors de la crise de Crimée de 2014, l'Ukraine s'est référée à ce traité pour rappeler à la Russie qu'elle s'est engagée à respecter les frontières ukrainiennes, et aux autres signataires qu'ils en sont garants.

Selon le mémorandum, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni s'engagent, en contre-partie de l'adhésion de l'Ukraine au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et du transfert de son arsenal nucléaire à la Russie à :

  1. Respecter l'indépendance et de la souveraineté ukrainienne dans ses frontières actuelles.
  2. S'abstenir de toute menace ou usage de la force contre l'Ukraine.
  3. S'abstenir d'utiliser la pression économique sur l'Ukraine en vue d'influencer sa politique.
  4. Demander l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies si des armes nucléaires sont utilisées contre l'Ukraine.
  5. S'abstenir d'utiliser des armes nucléaires contre l'Ukraine.
  6. Consulter les autres parties prenantes si des questions se posent au sujet de ces engagements.

Le texte du mémorandum en ukrainien, en anglais.

Euromaïdan - La Compagnie des Anges

"L'hiver qui nous a tous changé" - Il s'agit d'une série de films documentaires relatant les événements de l'Euromaïdan. C'est un projet commun de la chaîne télévisée ukrainienne "1+1" et de l'Union des créateurs "Babylon '13".

Le premier film de cette série est Nebesna Sotnia ("La Compagnie des Anges"). Jusqu'aujourd'hui, la liste des membres de cette compagnie n'est pas définitive. En effet, elle ne comprends pas que ceux qui ont été abattus dans le centre de Kyiv à la fin du mois de février. Dès le début d'Euromaïdan, de nombreuses personnes ont disparu, ou ont été assassinées aux quatre coins de l'Ukraine. L'expression "La Compagnie des Anges" est apparue au plus fort des terribles combats de la Place de l'Indépendance. Ce film explique comment, dans le centre de Kyiv, près de 100 personnes ont été tuées en trois jours.

Sous-titres français par Erwan Bouvet.

La guerre artificielle

Un documentaire de Sven van Mourik qui apporte enfin la parole, l'analyse et l'expertise indispensables à la compréhension de cette guerre qui ne veut pas dire son nom.

Le véritable "convoi" russe dans l'ombre des camions blancs

Crise ukrainienne : Solutions européennes

Alors que les dirigeants européens rencontrent le président Poutine pour encourager le processus de paix en Ukraine, le spécialiste de l'Ukraine du Parlement explique de quelle manière l'UE est prête à soutenir Kiev.

Éliminer les barrières douanières

L'UE est un partenaire commercial important pour ses voisins orientaux, et les deux parties devraient profiter de nouveaux accords de libre-échange et d'autres potentiels.

Et si on regarde de plus loin... D'autres choses sont à prendre en considération


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