Culture tibétaine


La culture ne se définit pas que par la religion. Pourquoi au Tibet en serait-il autrement ? Reprenons, la culture, pour le sociologue, désigne l'ensemble de ce qui caractérise un peuple : les coutumes, les croyances, la langue, les idées, les goûts, les connaissances techniques. Pour l'anthropologue, la culture s'acquiert par la fréquentation des autres humains. Chacun de nos comportements revêt donc un aspect naturel et un aspect culturel. D'un point de vue philosophique, la culture caractérise un effort propre à l'homme. Si l'animal est d'emblée tout ce qu'il peut être, "l'espèce humaine, doit, peu à peu, par son propre effort, tirer d'elle-même toutes les qualités naturelles de l'humanité" écrit Kant (Réflexions sur l'éducation). 

Il est donc évident que nous n'aborderons pas tous les points de la culture tibétaine, mais nous allons en faire ressortir des éléments clefs : Architecture, Musique, Peinture, Littérature pour vous permettre d'en découvrir toute la diversité. N'oublions pas ici que ce que nous désignons par "culture tibétaine" recouvre les pratiques des différentes ethnies présentes en Région Autonome du Tibet.

Architecture

L'architecture tibétaine a subi des influences orientales et indiennes, et reflète une vision profondément bouddhiste des choses. La roue bouddhiste, ainsi que les deux dragons, se voient sur presque chaque monastère du Tibet. Le plan des chörtens tibétains peut varier, allant des murs arrondis du Kham aux constructions carrées, à quatre murs duLadakh.

L'architecture tibétaine est caractérisée par l'implantation fréquente des maisons et des monastères sur des sites élevés et ensoleillés face au sud, et par l'emploi combiné de la pierre, du bois, du ciment et de la terre comme matériaux. Les techniques de construction permettent de pallier la rareté des combustibles de chauffage : toits plats pour préserver la chaleur, et nombreuses fenêtres pour laisser entrer la lumière du soleil. Les murs ont habituellement un fruit de dix degrés à titre de précaution contre les tremblements de terre, fréquents dans cette région montagneuse.

Avec ses 117 mètres de hauteur et 360 mètres de largeur, le Palais du Potala est considéré comme l'exemple le plus important de l'architecture tibétaine. Ancienne résidence d'hiver du dalaï-lama, il contient plus d’un millier de pièces réparties sur treize étages, et abrite des portraits des dalaï-lamas passés et des statues du Bouddha. Il est divisé en un Palais Blanc extérieur, qui abritait les quartiers administratifs, et les Quartiers Rouges intérieurs, qui abritaient la salle de réunion des lamas, les chapelles, 10 000 sanctuaires et une vaste bibliothèque d'écrits bouddhistes.

Musique

La musique du Tibet reflète l'héritage culturel de la région himalayenne, centrée sur le Tibet mais aussi sur les régions où l’on trouve des groupes ethniques Tibétains : en Inde, au Bhoutan, au Népal ainsi qu’à l'étranger. La musique tibétaine est avant tout religieuse, reflétant l'influence profonde du bouddhisme tibétain sur la culture.

La musique tibétaine implique souvent des chants en langue tibétaine ou en sanscrit, comme partie intégrante de la religion. Ces chants complexes, souvent des récitations de textes sacrés, sont également pratiqués lors de la célébration de divers festivals. Le chant yang, exécuté sans moment de mesure, est accompagné de résonance de tambours et à un niveau bas, de syllabes soutenues.

Il existe également des styles spécifiques à diverses écoles de bouddhisme tibétain, comme la musique classique populaire des Gelugpa, et la musique romantique des Nyingmapa, Sakyapa et Kagyupa.

Une autre forme de musique populaire est le style classique Gar, qui est exécuté pour les rites et les cérémonies. La musique Lu est un type de chansons qui présentent des vibrations glottales et aigües. Il y a aussi les chants épiques de héros du Tibet, comme l’épopée de Gesar de Ling.

Peinture

Thangka

Un thangka (littéralement chose que l'on déroule) est une peinture sur toile caractéristique de la culture tibétaine. On en trouve de toutes les tailles, depuis les thangka portatifs jusqu'aux thangka monumentaux.

Les thangka représentent généralement des diagrammes mystiques symboliques (mandala), des divinités du bouddhisme ou de la religion bön, ou encore des portraits du dalaï-lama. Ils sont destinés le plus souvent à servir de support à la méditation.

 

Mandala

Le mandala est un diagramme symbolique pouvant servir de support à la méditation. Certains mandalas, très élaborés et codifiés, en deviennent semi-figuratifs, semi-abstraits.

Au Tibet, cet art est connu sous le nom de dul-tson-kyll-khor, expression qui signifie « mandala de poudres colorées ». Les moines créent des mandalas de sable, qu'ils disposent sur une table plate surélevée après avoir tout d'abord dessiné le tracé de base. Le sable coloré est déposé soigneusement sur la table à l'aide du bout d'un entonnoir de métal connu sous le nom de chang-bu.

La construction du mandala est en elle-même une pratique spirituelle. Dans la salle d'autres moines méditent et prient afin de renforcer la bodhicitta et ainsi bénir le mandala, qui sera offert aux Bouddhas et à l'Univers.


Littérature

La littérature tibétaine, une des plus importantes d'Asie, a des origines millénaire. En vers ou en prose, orale ou écrite la littérature tibétaine aborde « tous les domaines du savoir : religion, médecine, histoire, philosophie ».

La littérature tibétaine a réellement débuté au VIIIe siècle avec la création de l'université monastique de Samye, qui visait à permettre la traduction en langue vernaculaire des nombreux textes sacrés bouddhiques écrits en sanskrit. Dans leur forme finale, établie entre les XIVe et XVIIe siècles, ces textes forment respectivement les 108 volumes du Kangyur, et son commentaire (Tengyur) en 224 volumes. Vers 950 fut créée un bibliothèque secrète dans les Grottes de Mogao pour protéger les écrits bouddhistes. Ainsi les Annales et Chronique tibétaines découvertes au début du XXe siècle dans ces grottes de Mogao sont les plus anciens documents historiques tibétains connus, rédigés en tibétain ancien.

 

Après 1980, la littérature tibétaine a connu une période d'essor. L'influence de la poésie chinoise (et de la poésie occidentale en traduction chinoise) a commencé à se faire sentir. En dépit de ces influences, critiques et éditeurs ont donné la priorité à des histoires et des poèmes conçus sur des fondements traditionnels. La plupart des œuvres récentes prennent la forme de poésie - il existe encore aujourd'hui moins de 25 romans modernes écrits en langue tibétaine.