Pascal Ordonneau

Une fois n’est pas coutume. Mais il faut savoir saluer le talent quand il se présente. Alors aujourd’hui, une chronique un peu courte sur un homme. Une personnalité unique, un intellectuel comme il n’en existe que rarement.

Nous nous sommes rencontrés, il y a quelque temps dans un café derrière l’Arc de Triomphe, à l’époque nous chassions les têtes en des espaces différents. En fait, je me souviens je voulais lui proposer un poste. « Une proposition que nul ne refuse ». C’était un matin un peu gris, à la radio on hurlait que la crise allait tous nous emporter.  Ce à quoi je répondais en riant que de toute façon, elle nous emporterait simplement ailleurs, sur d’autres rives (comme toutes les autres crises). J’allais à ce rendez-vous, comme une écolière sûre de décrocher son diplôme (enfin sûre d’avoir trouvé le candidat idéal au poste idéal).

Puis au bout du chemin, au bout du cheminement, j’ai rencontré Pascal Ordonneau. Un être à part. Candidat plus qu’idéal. Mon poste semblait ridicule. Tout perdrait son sens où plus exactement tout le retrouvait.  Un homme de banque, un homme de chiffres, de valeurs, de transactions, de compréhensions de ces règles abstraites qui construisent et détruisent notre humanité.

Evidemment, j’ai rangé ma proposition et j’en ai formulé une autre. « Et si nous collaborions ensemble ? » Et voilà comment une relation en « et si ? » a débuté. Des chroniques fascinantes ou l’envers et l’endroit du décor économique (et pas uniquement) se dévoilent sans cesse révélant les plus beaux labyrinthes capitalistiques. Puis il y a l’audace d’un dictionnaire hors norme. La désillusion, dictionnaire décalé et critique de la Finance et de la Banque. Un livre à mettre entre toutes les mains, les yeux attentifs y découvriront des perles de sagesse, des réflexions pleines de bon sens.

Evidemment, il y a également ses nouvelles chroniques sur le Cercle des Echos. Des mots, des pistes lancées. Et surtout toujours cette même vision simple et répétée « tout n’est qu’une affaire de croyance ». Vous entendez ? L’économie n’est rien d’autre que cela depuis des siècles. Il suffit de croire en ceci ou en cela pour en créer une valeur… Puis une économie circulaire émerge, puis les capitaux et après si on pousse la croyance à l’extrême alors il y a les flux financiers et les sur flux financiers…

Ma chronique pourrait ici se poursuivre en vous disant, que c’est aussi un grand collectionneur d’idées et d’œuvres d’Art, un génie rare à l’œil attentif au moindre détail.  Le désordre de l’humanité est un espace de jeux formidables pour lui. Puis. Et puis ? Il y a les autres mots ceux des voyages, ceux de sa Toscane, ceux sur les lumières émerveillées des rêves et des déambulations terrestres. Je devrais alors vous encourager à lire toutes les phrases du Pseudo où le détournement de « Moi Président »…  Impossible de résumer Pascal Ordonneau à une simple chronique. Un éclat de rire. Une respiration dans cette grisaille. Ouvrons nos yeux, ouvrons nos oreilles… Lisons ses textes et devenons meilleurs (ou moins cons selon ma dernière chronique)