Apple met l'informatique dématérialisée au cœur de ses appareils

Le géant de l'électronique grand public Apple a précisé, lundi, le fonctionnement de son futur service iCloud, qui permet de synchroniser documents, informations et même morceaux de musique entre les différents appareils de la marque.

Présenté par Steve Jobs, le cofondateur de l'entreprise à l'ouverture de la Worldwide Developpers Conference, la grand-messe annuelle d'Apple destinée aux programmeurs, le service inclura notamment un système de synchronisation des bibliothèques musicales des utilisateurs. Il fera donc face aux services musicaux présentés ces derniers mois par Amazon et Google. Mais contrairement à ses deux principaux concurrents, Apple proposera non pas d'écouter les morceaux en diffusion continue, mais de télécharger les titres sur tous les appareils connectés à un même compte iTunes.

Les morceaux achetés via iTunes pourront être directement téléchargés sur plusieurs appareils ; par contre, pour les morceaux provenant d'autres sources, les utilisateurs devront souscrire un service payant (25 dollars l'année) qui leur donnera la possibilité de télécharger des versions de bonne qualité des morceaux dont ils disposent déjà.

SYNCHRONISATION GÉNÉRALISÉE

Pour Steve Jobs, les services dématérialisés représentent l'avenir de l'informatique personnelle. iCloud synchronisera à la fois les informations de l'utilisateur, ses logiciels, ses documents et ses livres entre ses terminaux de marque Apple."Pourquoi ? a fait mine de s'interroger Steve Jobs, Parce que les terminaux ont changé." "Aujourd'hui, ils lisent tous de la musique, des photos, des vidéos. Si j'achète une chanson sur mon iPhone, je veux pouvoir l'écouter sur tous mes autres terminaux. Garder tous ces objets synchronisés nous rend fous." Le cofondateur d'Apple a expliqué avoir retenu les leçons de MobileMe, un ensemble de services dématérialisés lancé en 2008 par Apple, "trop vite", de son aveu même.

Cette synchronisation permanente des fichiers était jusqu'à présent la marque de fabrique de Google, dont les services sont entièrement dématérialisés. Le moteur de recherche a développé une gamme de services synchronisés pour son système d'exploitation mobile Android et les utilisateurs sur PC ou Mac, et a lancé en mai un service de musique dématérialisé qui permet d'écouter ses morceaux de n'importe où.

Tout comme Amazon, qui avait lancé un service similaire en mars, Google n'avait pas conclu d'accord avec les ayants droit, jugeant que le service n'était pas comparable à un logiciel de streaming, comme Spotify, puisque les utilisateurs ne pourront écouter que des morceaux qu'ils ont eux-mêmes chargés.

 

Le Monde.fr